Test de Brue
Mis au point par F. Brue en 1985, comme une variante du test de Léger-Boucher, ce test à allure progressive détermine la vitesse maximale aérobie (VMA), utilisée pour calibrer l'intensité des séances d'entraînement en course à pied.
Présentation du test de Brue
Le test de Brue est un protocole conçu pour évaluer la capacité aérobique par une allure progressive où la vitesse augmente jusqu'à épuisement du sujet. Il est simple à mettre en place : une piste, un chronomètre et quelques repères suffisent.
La VMA correspond à la plus faible vitesse de course où la consommation d'oxygène atteint son maximum. Elle sert à calibrer l'intensité des séances d'entraînement et à éviter de dépasser ses capacités physiologiques.
Principe du test
Le test démarre à une vitesse assez lente (environ 8 km/h), l'allure augmentant par paliers de 0,5 km/h chaque minute. L'objectif est de maintenir cette cadence jusqu'à l'épuisement physique complet.
Calculateur
Calculez votre VMA (avec correction)
Indiquez la vitesse du dernier palier complet, puis la part du palier suivant tenue avant l'arrêt (en %). Si vous vous êtes arrêté net à la fin d'un palier, laissez ce champ à 0.
Le test derrière cycliste : la version de référence
C'est la particularité du test de Brue, et ce qui le distingue de tous les autres tests de VMA : l'allure n'est pas imposée par une bande sonore au coureur, mais par un cycliste qui roule devant lui. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on parle couramment de « test de VMA derrière cycliste ».
Le dispositif est ingénieux. Le cycliste règle son coup de pédale sur des bips diffusés par un enregistrement : un bip correspond à un demi-tour de pédale, soit deux bips par tour complet. En maintenant cette cadence sur un braquet fixe, il roule à une vitesse parfaitement calibrée, qui augmente d'environ 0,25 km/h toutes les 30 secondes, soit exactement le même rythme que les 0,5 km/h par minute du tableau ci-dessus.
L'avantage pour le coureur est considérable : il n'a plus rien à gérer. Pas de repère au sol à surveiller, pas de temps de passage à calculer, pas de bip à interpréter. Il lui suffit de rester dans la roue. Toute son attention va à l'effort, ce qui réduit nettement les erreurs d'allure qui faussent les autres protocoles.
C'est aussi sa limite : il faut un cycliste disponible, capable de tenir une cadence régulière, et une piste où le vélo peut circuler en sécurité. En club, cela ne pose pas de problème ; en autonomie, c'est rédhibitoire. Sans vélo, rabattez-vous sur le test VAMEVAL, qui utilise des balises au sol et une bande sonore, ou sur le test de Luc Léger si vous ne disposez que de 20 mètres.
D'où vient le test de Brue ?
Publié en 1985 par F. Brue dans le Bulletin médical de la FFA, sous un titre qui dit tout : « Une variante du test progressif et maximal de Léger et Boucher ». Brue reprend donc le principe du test de piste de l'université de Montréal, mais le recalibre : paliers plus courts, progression plus fine, et surtout ce guidage par cycliste.
L'intention était d'améliorer la précision de la mesure. Avec des paliers d'une minute plutôt que de deux, et un incrément de 0,5 km/h plutôt que d'1 km/h, le test de Brue cerne la VMA avec une résolution deux fois meilleure que le test de Léger-Boucher. Pour un entraîneur qui calibre ensuite des séances au pourcentage de VMA, cette finesse compte réellement.
Attention à ne pas confondre les deux noms : le test de Brue est de Brue, pas de Léger et Boucher, même s'il en dérive directement.
Interpréter et exploiter son résultat
La VMA obtenue est directement utilisable. Comme le test se court en ligne droite sur piste, sans demi-tour, la vitesse mesurée correspond à une vitesse de course réelle : elle se transpose telle quelle à l'entraînement, sans la correction nécessaire après une navette.
Une fois le chiffre connu, il devient la référence de toutes vos allures : endurance fondamentale autour de 60 à 70 % de la VMA, séances de VMA entre 90 et 110 %, et allures de course entre les deux (le calcul VMA les détaille). C'est aussi la base des tables de prévision de performance sur 10 km, semi-marathon et marathon.
Une précaution de lecture, souvent passée sous silence : ce test peut surestimer la VMA des coureurs dotés d'une bonne capacité anaérobie lactique. Un athlète explosif peut « tenir » un ou deux paliers au-delà de sa vraie puissance aérobie maximale, en puisant dans une filière qui n'est pas celle que le test prétend mesurer. Si vos allures d'entraînement calculées à partir de ce test vous paraissent systématiquement trop rapides, c'est probablement l'explication.
Comparer aux autres tests de VMA
Quatre protocoles se disputent le terrain, et chacun a son domaine de pertinence.
- Le test de Brue, le plus confortable pour le coureur et le plus précis, mais il exige un cycliste.
- Le VAMEVAL : même logique de course continue, mais guidée par des balises tous les 20 mètres et une bande sonore. Plus autonome, un peu plus exigeant en concentration.
- Le Léger-Boucher : paliers de 2 minutes et incrément d'1 km/h : plus long, moins fin, mais historique.
- Le test de Cooper : 12 minutes, un chronomètre, rien d'autre. Le moins précis, mais celui qu'on peut faire partout.
Et pour un profil sports collectifs, le test de Gacon 45/15 ou le test de Luc Léger seront plus représentatifs, parce qu'ils intègrent l'intermittence ou les changements de direction du jeu réel.
Se préparer au test
Le test de Brue étant progressif et long, l'échauffement compte autant que la condition physique. Prévoyez 15 à 20 minutes de mise en route avec quelques accélérations : les premiers paliers sont lents, mais ils se courent déjà à l'allure imposée et ne remplacent pas l'échauffement.
Sur le fond, ce qui fait progresser la VMA mesurée ici est identique à ce qui la fait progresser partout : du fractionné court pour élever le plafond, du fractionné long pour la tenue, et un volume d'endurance fondamentale suffisant pour encaisser le tout. Le plan détaillé se trouve sur la page s'entraîner au test Luc Léger.
Arrivez frais : pas de séance intense dans les 48 heures précédentes. Sur un test de cette durée, la fatigue résiduelle coûte facilement un demi-palier, soit 0,25 km/h de VMA, et donc des allures d'entraînement calées trop bas pour les semaines suivantes.
Faire le test soi-même
Matériel nécessaire :
- Chronomètre ou montre GPS
- Piste d'athlétisme mesurant 400 mètres
- Cônes ou repères visuels pour marquer les distances intermédiaires
- Eau et vêtements adaptés à la course
Protocole
Déroulement du test
- PréparationDisposez des repères visuels tous les 20 mètres sur une piste de 400 mètres.
- DépartLe test démarre à une vitesse lente d'environ 8 km/h.
- ProgressionL'allure augmente par paliers de 0,5 km/h toutes les minutes. Maintenez la cadence en surveillant les repères au sol.
- Fin du testLe test se termine à l'épuisement complet, quand vous ne pouvez plus soutenir l'allure fixe demandée.
Matériel recommandé
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Questions fréquentes
FAQ
Qui a créé le test de Brue ?
Par F. Brue, qui l'a publié en 1985 sous le titre « Une variante du test progressif et maximal de Léger et Boucher », dans le Bulletin médical de la FFA. Il s'inspire donc directement du test de Léger-Boucher, dont il reprend le principe d'allure progressive, mais avec un protocole calibré différemment. Attention à ne pas confondre : le test de Brue est de Brue, pas de Léger et Boucher.
Pourquoi une correction proportionnelle ?
Si vous vous arrêtez avant la fin d'un palier, retenir uniquement la vitesse du dernier palier complet sous-estime légèrement votre VMA réelle. La correction ajoute une fraction de l'incrément suivant, proportionnelle au temps tenu dans ce palier inachevé.
Peut-on faire ce test seul ?
Il est recommandé de ne pas le faire seul, afin de pouvoir compter sur une aide extérieure en cas de besoin durant l'effort maximal.
Comment calculer sa VMA avec le test de Brue ?
Le dernier palier complété avant l'arrêt donne une première estimation de la VMA. Si l'arrêt intervient en cours de palier, la correction proportionnelle décrite ci-dessus affine ce résultat.
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